lundi 5 septembre 2016

Pays méditerranéens : La gouvernance des systèmes alimentaires


Les modes de consommation déterminent la durabilité des systèmes agricoles et alimentaires. Pour les pays méditerranéens, il y a urgence d’adopter des mesures pour évaluer les régimes alimentaires durables dans différentes zones agro-écologiques. A ce sujet, Marc Dedeire, maître de conférences en aménagement à l’université Montpellier 3 relève la nécessité de réfléchir à la façon de voir si les modes de consommation se régionalisent ou pas. C’est aussi, aux yeux du spécialiste, l’idée de voir s’il y a un système d’homogénéisation des modes alimentaires, voire un modèle alimentaire globalisé. Mais la question qui requiert davantage l’attention est celle de savoir «si la globalisation à l’échelle mondiale intègre importe la question de l’alimentation». Pour la Méditerranée, M. Dedeire propose de «chercher la façon de régionaliser les modes et modèles alimentaires». Les pays méditerranéens ont-ils les moyens d’aller vers cette «régionalisation alimentaire»? Le spécialiste cite, d’abord, l’existence des modes alimentaires, comme la «diète méditerranéenne».

En s’appuyant sur ce modèle, «on devrait promouvoir des actions intersectorielles innovantes pour contrer la dégradation des écosystèmes, la perte de biodiversité et la simplification des régimes alimentaires à travers l’amélioration des pratiques alimentaires durables». Les pays concernés sont appelés à «préserver cet acquis et mettre en avant cette particularité en intégrant une dimension de durabilité au point de pouvoir mieux gouverner cette région au niveau des modes de consommation alimentaires». M. Dedeire pense beaucoup à «l’intérêt d’un mode alimentaire régionalisé à l’échelle des grandes régions, pas forcément au niveau de chaque pays». Si, comme le proverbe le dit, «nous sommes ce que nous mangeons», alors nous devons aussi manger en respectant ce que nous sommes. D’autre part, le spécialiste dira que la question de la Méditerranée est importante parce qu’on a affaire à un territoire qui est «très homogène sur le plan climatique et agronomique». L’idée étant de pouvoir développer des stratégies de développement agricole et rural cohérentes à l’échelle du bassin méditerranéen. «Il sera également question d’imaginer un modèle de labellisation qui puisse convenir à tous les pays et de pouvoir, collectivement, faire connaître les produits de région à travers toute l’Europe, mais aussi à travers le monde», a ajouté M. Dedeire. D’autres spécialistes diagnostiquent que «réformer» l'agriculture sur des bases plus écologiques et plus directement nourricières ne suffira pas si le secteur agroalimentaire n'adopte pas une obligation de qualité nutritionnelle. Une prise de conscience nouvelle à l'instar des questions écologiques peut finir par faire évoluer le système alimentaire dominant. A l’avenir, les enjeux d'un changement vers un mode alimentaire plus durable peuvent être compris et acceptés par nombre de citoyens, incités à faire de nouveaux choix pour leur santé, mais aussi pour soutenir une gestion plus sociale et écologique de l'alimentation. Poser la question de la durabilité des systèmes alimentaires des territoires méditerranéens c’est reconnaître que la manière dont les citoyens s’organisent, dans l’espace et dans le temps, pour obtenir et consommer leur nourriture,  pose à l’heure actuelle de redoutables problèmes sociaux, environnementaux et économiques.

D’où l’urgence de repenser la gouvernance des systèmes alimentaires de la région, de la territorialiser. Et l’espace méditerranéen en a tous les atouts.

                                                                                                                           Fouad Irnatene

Source


Journal Résolis spécial MEDCOP : « Systèmes alimentaires territorialisés en Méditerranée »

Impliqués dans l’organisation du premier Forum Méditerranéen sur le Climat, les 4 et 5 juin 2015, à Marseille, l’IPEMED, RESOLIS, la Chaire Unesco en Alimentations du Monde et l’Association des Régions de France (ARF) ont souhaité porter, avec leurs partenaires du Sud et de l’Est de la Méditerranée, la Solution n°16, inscrite dans l’Agenda des Solutions Méditerranéen issu de la MEDCOP21. Cette Solution prévoit la constitution d’une base de connaissances sur les systèmes alimentaires territorialisés en Méditerranée.
Pour la MEDCOP Climat a donc été réalisé un ouvrage collectif intitulé « Systèmes alimentaires territorialisés et initiatives pour une alimentation responsable et durable en Méditerranée », qui contient des contributions d’experts d’Espagne, de France, d’Italie, du Maroc, de Tunisie et de Turquie.

Cet ouvrage, publié dans le cadre du Journal Résolis, nourrira l’Atelier 5 - « Enjeux climatiques, dégradation des sols, sécurité alimentaire et précarité » organisé dans le cadre de la MEDCOP Climat, à Tanger (Maroc).

Déclin des abeilles : l’effet conjugué pesticide-parasite affecte aussi la survie des reines


Les chercheurs de l’Inra France montrent aujourd’hui que l’exposition chronique et indirecte à une dose très faible d’un pesticide néonicotinoïde, ainsi que l'infection par un parasite commun des abeilles, affecte très fortement la survie des reines en conditions naturelles et modifie leur physiologie. L’interaction entre l’imidaclopride et Nosema cerana est encore plus néfaste sur les reines que chaque stress pris séparément. Ces résultats sont publiés le 31 août 2016 dans Scientific Reports.

Dans la nature, les colonies d'abeilles domestiques (Apis mellifera) sont constamment exposées à des facteurs de pression multiples, entre autres insecticides et agents pathogènes, dont l'action conjointe est suspectée être en partie à la base du déclin des colonies. 

Face à la mortalité accrue des abeilles ouvrières, la fertilité de la reine est essentielle pour le renouvellement de la population et la survie de la colonie. Or, les apiculteurs constatent des mortalités anormales de reines depuis plusieurs années, au point que certains d’entre eux doivent changer systématiquement une partie importante de leur cheptel de reines afin d’éviter la perte de leurs colonies, alors qu’une reine peut normalement vivre de 4 à 5 ans.

Le goût des aliments peut-il changer selon la découpe ?

La façon dont on coupe les aliments aurait un réel impact sur le goût - (ph:DR)



La découpe des aliments affecte-t-elle réellement le goût et la texture ?  


Selon certaines études, il semblerait qu’un légume et/ou un fruit n’ait pas toujours le même goût, selon la manière dont on le coupe. Qu’il soit coupé en tranche ou en cubes. En effet, la façon dont on coupe les aliments aurait un réel impact sur le goût.

Il semblerait que la découpe puisse affecter certains aliments, tels que: Le chou fleur, la tomate, la carotte, le brocoli, l’oignon et/ou l’ail. La texture aussi est affectée et elle joue un rôle important sur le goût, et sur la façon dont nous percevons les goûts.

La façon dont on découpe les légumes, les fruits ou la viande joue et se modifie lors de la cuisson. Quant aux découpes, elles changent la manière dont les produits vont se mélanger ou être assaisonnés.

Lorsqu’on découpe une tomate, on ouvre des cellules qui dégagent des enzymes qui produisent l’arôme. Plus vous découperez finement, plus le goût sera important.