jeudi 4 juin 2015

Khaled Moumen. DG de l’Institut national de protection des végétaux «La lutte biologique, une alternative...»

Publié le 03 /06/2015

Depuis des années, on évoque régulièrement dans le monde les effets nocifs des pesticides sur la santé. La population générale est directement confrontée à ces produits dans l’alimentation. Peut-on dire que le danger pèse réellement sur les Algériens ?
 
Le traitement des cultures avec les pesticides répond à des conditions d’utilisation très rigoureuses. Il faut savoir que ce traitement n’est pas systématique. Les conditions sont claires est connues, selon les recommandations internationales (index des produits phytosanitaires et conventions internationales).
Trois paramètres favorisent l’utilisation de ce ces pesticides, à savoir la présence d’insectes ou de maladies à un taux élevé, les conditions météorologiques et le stade phrénologique de la plante, c’est-à-dire la prédisposions de la plante à avoir une maladie. Sans ces conditions, il n’est pas obligatoire d’utiliser ces produits qui sont, il faut le rappeler, couteux et leur acquisition est aussi très réglementée.
Tous les produits phytosanitaires à usage agricole doivent faire l’objet d’une homologation préalable délivrée par l’autorité phytosanitaire (direction de la protection des végétaux et des contrôles techniques, DPVCT). Seules les variétés homologuées et inscrites au catalogue officiel des variétés sont autorisés à être produites, multipliées, importées, exportées, distribuées et commercialisées (art. 17 de la loi du 6 février 2005).
La commission d’évaluation ne peut retenir un produit et l’homologuer pour être commercialisé que sur la base d’un dossier de toxicologie et son homologation n’intervient que deux à trois années plus tard, une fois testé sur le terrain. Une fois homologué, le ministère de l’Agriculture délivre l’autorisation d’importation après étude du dossier et des échantillons, analysés par la suite au laboratoire de l’INPV pour conformité et qualité et pour vérifier certains paramètres physico-cliniques, pour délivrer à la fin un certificat de conformité.
Lequel sera vérifié par l’inspecteur phytosanitaire pour la libration du produit. Les utilisateurs de ces produits (grainetiers) doivent être soutenus, comme prévu par la loi par un ingénieur agronome mais ce n’est pas toujours le cas. Les mesures réglementaires pour l’acquisition et l’utilisation de ces produits sont telles que ce n’est pas tous les agriculteurs qui ont accès. Nos fruits et légumes ne présentent pas pour autant, me semble-t-il, des taux élevés de résidus de pesticides. Ce qui présente un risque faible de contamination.

Lire la suite de l'interview:  http://www.elwatan.com/actualite/la-lutte-biologique-une-alternative-03-06-2015-296386_109.php

Élevage laitier. La Normande ? Une vache tout terrain

Publié le 02 juin 2015

Depuis 2006, au Pin-au-Haras (Orne), l’Inra France s’intéresse à l’aptitude des vaches laitières à produire du lait et à vêler, avec des systèmes fourragers très différents.

« Quelle vache, pour quel système ? ». La question posée par l’Inra, l’Institut national de la recherche agronomique, sert de point de départ à une étude menée depuis 2006, au Pin-au-Haras (Orne). « Les systèmes d’élevage dans l’Ouest de la France sont beaucoup plus diversifiés qu’on ne le dit. De 0 à 100 % de maïs ou d’herbe, la fourchette est large. Est-ce qu’une seule vache correspond à toutes ces conduites d’élevage ? » s’est interrogé Luc Delaby, ingénieur à l’Inra. Autre interrogation : est-ce qu’une vache qui produit beaucoup de lait, est capable de bien se reproduire, de donner naissance à un veau par an ?
Des questions importantes dans un contexte de volatilité toujours plus marquée des prix et des matières premières. Les systèmes de production les plus performants seront réactifs, l’animal et la conduite d’élevage constituent alors un levier d’adaptation à des changements brusques.

La Normande passe bien

Dans l’Orne, les ingénieurs de l’Inra ont testé deux races : la Holstein et la Normande. Avec deux types génétiques : un orienté sur la production laitière avec de moindres taux, l’autre sur les taux avec moins de lait. Les animaux ont été soumis à deux contraintes : des vêlages groupés (de janvier à mars) imposés à toutes les vaches et deux stratégies d’alimentation basées soit sur l’herbe et aucun apport de concentré, soit sur le maïs et les concentrés. Avec dans les deux cas, une longue saison de pâturage.
Après 490 lactations validées fin 2014, l’étude (qui se terminera en 2020) dévoile quelques grandes tendances. « La vache Normande passe bien dans les deux systèmes fourragers. L’écart de production laitière n’est que 1 500 kg alors que la Holstein perd 2 500 kg dans des systèmes herbagers à très bas intrants. »La vache Normande qui perd moins également en taux de matière grasse et protéique (même le lot à bas niveaux d’apports nutritifs a des taux plus élevés que la Holstein), reste proche de « son potentiel génétique ».Elle paraît mieux adaptée aux ressources alimentaires locales, variables, notamment aux rations à base de fourrages. « La Normande passe partout. » Et se reproduit bien. Le taux de revêlage est de 70 %, quelle que son régime alimentaire.
La Holstein se conduit plus difficilement dans ces contextes contraints. « C’est une Formule 1 qu’on ne conduit pas comme une voiture de tourisme. Et pas sur n’importe quel terrain… Elle nécessite un éleveur à la pointe de la technique et, justifie avec 1 600 kg de concentrés, une production annuelle minimale de 9 000 litres de lait par vache. »Dans un système contraignant (vêlage groupé et système herbager), la « Hollandaise » se reproduit mal (taux de revêlage de 55 à 45 % selon les systèmes). La solution passe alors par une sélection génétique sévère sur l’aptitude à se reproduire ou un croisement avec la Jersiaise, la Normande ou la Rouge suédoise qui présentent des aptitudes de longévité intéressante.

Source:  http://www.ouest-france.fr/la-normande-une-vache-tout-terrain-3446568

mercredi 3 juin 2015

Alimentation : vers de nouvelles habitudes ?



mardi 2 juin 2015

Une percée scientifique explique les trous du fromage suisse

Publié 01-06-2015 

 Les chercheurs ont enfin compris ce qui cause les trous dans le fromage. Un mystère qui durait depuis un siècle.

 L'Emmental est un fromage qui ne manque pas d'air, tout comme son cousin l'Appenzell qui, lui aussi, est parsemé de trous. Mais comment expliquer l'apparition de ces cavités fromagères si caractéristiques ? Des chercheurs suisses viennent enfin de résoudre cette énigme qui intrigue les scientifiques depuis près d'un siècle. D'après leurs travaux, la formation des trous serait en fait due à la présence de particules de foin dans le lait.

Les particules de foin dans le lait sont à l'origine des trous du fromage

Dès 1917, l'Américain William Clark s'intéressait au phénomène et publiait un article scientifique sur l'origine des trous dans l'Emmental. D'après lui, ces derniers apparaissaient sous l'action du dioxyde de carbone produit par certaines bactéries. Restait à savoir lesquelles et selon quel processus de fermentation. Cette théorie est désormais remise en cause. A l'aide de la tomographie - une technique d'imagerie en trois dimensions - les chercheurs de  l'institut alimentaire suisse Agroscope et du Laboratoire fédéral d'essai des matériaux et de recherche (Empa) ont étudié la formation des trous, leur nombre, leur taille et leur répartition au cours de 130 jours d'affinage. Ils ont ainsi découvert que le dosage des particules de foin permettait quasiment de piloter la production de ces cavités.

 Image 3D de la formation des trous dans le fromage obtenue par tomographie. Crédit : Agroscope.

 La percée scientifique des chercheurs suisses permet aussi d'expliquer pourquoi depuis quelques années les fromages sont moins troués qu'auparavant. La traite traditionnelle en seaux ouverts a été progressivement remplacée par des systèmes de traite fermée. Ces améliorations techniques ont certes réduit les risques de contamination microbiologiques mais ont aussi supprimé en grande partie la présence de microparticules de foin dans le lait... au grand dam des amateurs de trous dans l'Emmental.

Source: http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/20150529.OBS9829/une-percee-scientifique-explique-les-trous-du-fromage-suisse.html