jeudi 5 novembre 2015

Améliorer les moyens d’existence ruraux en région méditerranée



Le Centre International de Hautes Etudes Agronomiques Méditerranéennes (CIHEAM) et la FAO ont conclu aujourd'hui un nouveau partenariat stratégique visant à renforcer les moyens d'existence des communautés rurales dans la région méditerranéenne.

Les deux organisations travailleront ensemble pour faire avancer des solutions sur les problèmes qui se posent dans cette région et relatifs à la sécurité alimentaire, la nutrition, le développement rural et la gestion améliorée des rares ressources en eau dédiées à l'agriculture. L’effort sera déployé principalement au plan de la politique régionale et mondiale et dans les forums.
La FAO et le CIHEAM collaboreront également en vue de soutenir des politiques et des programmes visant à l'autonomisation des petits agriculteurs et des pêcheurs afin d’améliorer leurs revenus et leurs possibilités d'emploi tout en renforçant leur résilience face aux chocs naturels ou provoqués par l'homme.
Un autre domaine de travail se rapportera à la production et au partage de connaissances ciblant les besoins des petits agriculteurs et des pêcheurs et ce, dans le cadre de recherches conjointes, de publications et de documentations sur les meilleures pratiques.
«Aujourd'hui, les pays de la région méditerranéenne sont confrontés à des difficultés urgentes et complexes liées à l'agriculture, à l'alimentation et au développement rural», a déclaré le Directeur général de la FAO M. José Graziano da Silva. En renforçant leur coopération, a-t-il ajouté, la FAO et le CIHEAM seront dans une meilleure position pour sensibiliser sur les questions relatives à la sécurité alimentaire et au développement rural.
«Un domaine important de notre collaboration est certainement l'amélioration de la productivité de l'eau pour l'agriculture irriguée», a indiqué M. Graziano da Silva.
Pour sa part, le Secrétaire général du CIHEAM M. Cosimo Lacirignola a souligné que le partenariat entre les deux organisations «met en valeur les complémentarités et renforce les programmes basés sur le partage des connaissances et l’investissement dans les ressources humaines».
M. Lacirignola a noté la nécessité d'apporter plus de visibilité à des solutions innovantes et aux meilleures pratiques existantes, contribuant ainsi au développement rural dans la région méditerranéenne qui est «pleine de potentiel». Il a ajouté que les principaux objectifs du CIHEAM étaient axés sur des solutions concrètes, le partage des expériences, l’investissement dans la formation des jeunes et la promotion des connaissances utiles au développement de la région.
L'accord d'aujourd'hui se fonde sur plus de 35 années de collaboration entre la FAO et le CIHEAM et réaffirme les objectifs communs des deux organisations afin d'améliorer la sécurité alimentaire, la nutrition et le développement agricole durable dans la région méditerranéenne.
Cette région est confrontée à de nombreux défis, notamment la nécessité de faire face aux impacts du changement climatique. Cependant, elle possède des avantages considérables, notamment une proportion relativement élevée de jeunes et une tradition de saines habitudes alimentaires ainsi que des pratiques agricoles durables (par exemple, la fameuse diète méditerranéenne et l'agriculture familiale).

Source:  http://www.fao.org/news/story/fr/item/340124/icode/



Innovation: serre de confinement à haute performance environnementale (unique en France)

 

Un outil mutualisé pour une science plus durable

La serre HPE réalisée à l’Inra Bordeaux-Aquitaine est unique en France. Elle constitue pour les chercheurs un outil d’expérimentation innovant et mutualisé, support de recherches développées sur la vigne, les maladies des plantes et la qualité des fruits, des filières agricoles d’importance en Aquitaine comme à l’échelle nationale et internationale.
Cette nouvelle serre s’inscrit dans une démarche de développement durable qui vise à réduire significativement son empreinte écologique globale, par une réduction de sa consommation énergétique et hydraulique, une autosuffisance en électricité pour son chauffage et des pratiques limitant l’usage de produits phytosanitaires.

Les deux postes de consommation d’énergie les plus importants d’une serre, l’éclairage d’appoint (31% de la consommation annuelle d’énergie) et le chauffage (56%), ont fait l’objet d’une attention particulière.

Un éclairage économe
  • Un réseau de lampes LED remplace les traditionnelles lampes à vapeur de sodium faisant de cette serre la première entièrement équipée en lampes LED à l’échelle nationale.
Une isolation performante
  • En matière d’isolation thermique, et afin de réduire au maximum les déperditions de chaleur, un double vitrage avec lame d’argon a été installé. Ainsi équipée, la serre HPE est deux fois mieux isolée qu’une serre classique.
Un système de chauffage innovant
  • Le chauffage de la serre est assuré par deux pompes à chaleur. L’électricité qu’elles consomment est largement compensée par la production des panneaux photovoltaïques installés sur le toit du local technique (41 000kW produits sur un an contre 34 000kW consommés). Le système de chauffage est autosuffisant.
En termes de bilan énergétique, la serre HPE ne mobilise aucune énergie fossile, bénéficie d’un chauffage qui fonctionne avec 100% d’énergie renouvelable, et consomme six fois moins d’énergie au mètre carré qu’une serre classique.
Une autosuffisance en eau et des pratiques raisonnées pour moins d’impacts
  • La récupération de l’eau de pluie et un recyclage rigoureux des solutions nutritives apportées aux végétaux permettent également à la serre d’être aujourd’hui quasi autosuffisante en eau.
  • Enfin, son bilan environnemental est encore réduit par la mise en place de pratiques de lutte biologique intégrée qui permet de réduire drastiquement l’utilisation d’intrants chimiques et notamment de produits phytosanitaires (insecticides et fongicides).

Des expérimentations sécurisées

Conduire des recherches sur des pathologies végétales nécessite de disposer d’un outil de travail sécurisé, afin d’empêcher toute diffusion des agents pathogènes dans l’environnement. Les différents dispositifs de confinement de la serre permettent de conduire les manipulations et expérimentations nécessaires à la compréhension des pathogènes en toute sécurité.
Le confinement concerne l’expérimentation d’agents pathogènes, d’organismes de quarantaine et d’autres organismes soumis à une réglementation très encadrée. Les dispositifs mis en place dans la serre HPE tiennent compte au cas par cas des spécificités de ces organismes qui peuvent potentiellement présenter des risques. L’ensemble des expérimentations se déroule dans une zone confinée dont l’entrée est protégée par des sas, la veine d’air est contrôlée par des filets anti-insectes ou des filtrations de sortie d’air, les effluents liquides sont collectés et décontaminés en sortie de zone confinée, tous les déchets de cultures (terreau et plantes) ainsi que le matériel de culture sont stérilisés par autoclavage. En complément, un ensemble de procédures est mis en place pour rendre efficaces ces dispositifs techniques.


 

Maghreb : 51% de dépendance alimentaire, d’après l’INRA

Publié le 4 novembre 2015

 
En 50 ans la dépendance alimentaire au Maghreb s’est multipliée par quatre, selon une étude de l’agence française INRA. 

Le Maghreb, région abritant 91 millions d’habitants, connait une dépendance alimentaire évaluée à 51%, selon les résultats d’une étude récente du premier institut de recherche en Europe, l’INRA (Institut national de recherche agronomique).

L’étude a rassemblé agronomes, économistes,  politologues et opérateurs du secteur agroalimentaire, pour analyser les composantes du système alimentaire au Maghreb et au Moyen-Orient et identifier ce qui pouvait accroître ou freiner leur dépendance.
Malgré des différences entre les pays de la région, la production céréalière, majoritaire, a quadruplé dans la région du Maghreb mais reste en deçà de la demande. La région est aujourd’hui l’une des plus dépendantes au monde pour son approvisionnement en céréales. Quant aux productions animales, elles ont quintuplé en l’espace de 50 ans, avec des mutations : si la production de lait garde son importance, l’élevage extensif de petits ruminants régresse tandis que les élevages intensifs de volailles progressent.
L’étude note aussi que 34 % des terres du Maghreb sont irriguées et que la limite des disponibilités en eau est atteinte.

L’Etude révèle aussi que la dépendance du Maghreb aux importations agricoles risque de se renforcer si les conséquences du changement climatique s’accentuent. Dans le cas où aucune mesure ne serait prise pour limiter le changement climatique, l’étude prévoit une forte croissance de la dépendance alimentaire : le Maghreb serait particulièrement exposé, perdant 50 % de ses terres cultivables.

Source:  http://telquel.ma/2015/11/04/maghreb-51-dependance-alimentaire-dapres-linra_1468929


lundi 2 novembre 2015

Ce rapport inquiétant sur la dépendance alimentaire du Maghreb et du Moyen-Orient

Muryel Jacque / Journaliste au service Marchés | /2015

La dépendance de la région aux importations agricoles peut atteindre 50 % d’ici à 2050, selon l’Inra France. L’ampleur du changement climatique aggravera la situation.

Si rien ne change, les pays d’Afrique du Nord, du Proche-Orient et du Moyen-Orient pourraient devoir importer la moitié des denrées indispensables à leur alimentation à l’horizon de 2050. Avec une population amenée à augmenter de 50 % d’ici là, cette région à la géopolitique complexe, déjà l’une des plus dépendantes des importations agricoles dans le monde, fait face au défi de la sécurisation de ses besoins alimentaires. Et encore ne s’agit-il que du scénario tendanciel d’une étude menée par les chercheurs de l’Inra (Institut national de la recherche agronomique), et réalisée pour le compte de Pluriagri, association française formée par des acteurs des filières des grandes cultures et par Crédit Agricole.
Si les effets du changement climatique s’accentuaient dans cette vaste zone plus exposée que d’autres, la dépendance alimentaire risquerait d’être encore plus importante. Le Maghreb serait très fortement touché, l’Inra y décrit une « situation préoccupante » : les pays du nord de l’Afrique verraient les perspectives de rendement plonger et perdraient 50 % de leurs surfaces cultivables. En 2050, leurs importations nettes approcheraient les 70 %. Tous les produits agricoles seraient affectés, et les productions animales encore davantage, souligne la directrice de recherche Chantal Le Mouel.

Ampleur des volumes en jeu

« On sait les risques qu’il y a, pour les Etats comme pour les économies, à atteindre de tels niveaux de dépendance : déséquilibre des balances commerciales, alourdissement potentiel des dettes d’Etat, exposition forte aux fluctuations des marchés mondiaux, crises alimentaires récurrentes, etc. », avisent les auteurs de l’étude. Ils estiment en outre que l’ampleur des volumes de produits agricoles en jeu risque de peser sur les marchés internationaux et sur les prix auxquels s’échangent des matières premières agricoles essentielles comme le blé. Dans le cas d’un changement climatique plus violent, les chercheurs jugent en effet possible de voir doubler le volume de blé importé.
Au cours des cinquante dernières années, les importations de blé, premier produit agricole importé par l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient, ont déjà grimpé de 5 à 44 millions de tonnes. Les autres produits phares des régimes alimentaires ont connu des tendances similaires. Le volume de plantes sucrières achetées à l’international a été multiplié par 15, celui des produits oléo-protéagineux, par 30. La production végétale de la région a beau avoir quadruplé, elle n’a pas suivi l’explosion de la demande due en large part à l’accroissement démographique et aux changements des habitudes alimentaires lié au développement économique et à une urbanisation très rapide.

Réduction du gaspillage

« Freiner l’évolution de cette dépendance devient donc impératif », conclut l’Inra. Comment ? Avec des politiques publiques et des investissements mettant l’accent simultanément sur les progrès techniques, sur la réduction des gaspillages et des pertes présents tout au long de la chaîne en Afrique du Nord et au Moyen-

Toutefois, la façon la plus efficace de lutter serait, d’après l’Inra, de limiter le changement climatique, ce qui suppose, là encore, un engagement politique

Source: http://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/021440216089-du-maghreb-au-moyen-orient-une-dependance-alimentaire-galopante-1170536.php