mercredi 8 juillet 2015

Rapport OCDE: Soutiens publics à l'agriculture, les pays émergents dans la roue de la zone OCDE

Publié le mardi 07 juillet 2015


« Le niveau du soutien apporté aux producteurs agricoles dans les économies émergentes se rapproche de celui que l'on observe dans les pays de l'OCDE » (1), indique l'Organisation de coopération et de développement économiques dans un rapport publié le 6 juillet : « Politiques agricoles : suivi et évaluation 2015 ».

« Globalement, alors qu'elles taxaient leur agriculture dans les années 1990, les économies émergentes lui apportent désormais un soutien notable. Parallèlement, le soutien très élevé dispensé par le passé dans la zone OCDE diminue en moyenne. Ces dernières années, dans certaines grandes économies émergentes, le niveau du soutien moyen a commencé à rattraper celui qu'affichent les pays de l'OCDE. Dans l'ensemble des 49 pays étudiés, 18 % des recettes agricoles brutes provenaient en 2014 de politiques publiques bénéficiant aux agriculteurs », souligne l'OCDE dans un communiqué.

« Au total, sur la période 2012‑2014, les pays étudiés ont transféré en moyenne 601 milliards de dollars (450 milliards d'euros) par an aux producteurs agricoles, d'après l'estimation du soutien aux producteurs (ESP) calculée par l'OCDE, et ils ont consacré en plus 135 milliards de dollars (103 milliards d'euros) aux services d'intérêt général utiles au fonctionnement du secteur dans son ensemble. »

67 % du soutien lié aux prix, aux volumes ou aux intrants

Le rapport de l'OCDE montre que, « dans l'ensemble de la zone OCDE, les instruments d'action tels que le soutien des prix du marché et les subventions aux intrants cèdent peu à peu du terrain aux mesures qui n'influencent pas directement les décisions de production des exploitants. Plus ou moins franche et rapide, cette évolution est particulièrement lente dans le groupe des pays où le soutien et la protection atteignent le niveau le plus élevé. »

« Parallèlement, on observe une tendance inverse dans certaines économies émergentes, qui recourent de plus en plus aux mesures de soutien liées aux prix et à la production. Dans l'ensemble des 49 pays étudiés, 67 % du soutien aux agriculteurs sont liés directement aux prix, au volume de production ou à l'utilisation d'intrants sans contraintes. »

« Productivité » et « durabilité »

 L'OCDE recommande aux pays de « commencer à consacrer davantage d'efforts aux problèmes que pose à long terme l'amélioration de la performance de l'agriculture en matière de productivité et de durabilité. »

« Globalement, l'agriculture devra produire plus de produits alimentaires pour une population croissante et plus riche, souhaitant diversifier son alimentation ; contribuer à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté dans beaucoup de pays en développement ; rivaliser avec d'autres activités pour obtenir une partie des ressources naturelles finies (sols et eau) ; et participer à la préservation de la biodiversité et de la qualité des sols et de l'eau, à la restauration d'écosystèmes fragiles, à l'adaptation au changement climatique et à l'atténuation de celui‑ci. »

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(1) L'OCDE compte 34 pays membres à travers le monde, de l'Amérique du Nord et du Sud à l'Europe et l'Asie-Pacifique. En font partie beaucoup des pays les plus avancés, mais aussi des pays émergents comme le Mexique, le Chili et la Turquie.

Source: http://www.lafranceagricole.fr/actualite-agricole/soutiens-publics-a-l-agriculture-les-pays-emergents-dans-la-roue-de-la-zone-ocde-106575.html

L'agriculture en Algérie française, une illustration concrète du processus colonial au Maghreb

Rédigé par Mehdi Benchabane | Mardi 7 Juillet 2015

 Depuis la fin des années 1830, l’État français incite les métropolitains au départ vers l'Algérie, afin de contribuer à la colonisation terrestre du pays. Au départ, ce fut une parcelle agricole gratuite (8 hectares en moyenne) contre une garantie d'exploitation, puis ce système se complexifia. La spoliation s’appuya sur une main mise des terres abandonnées, ou bien en s'emparant des parcelles détenues par des adversaires de la France.

Thomas Robert Bugeaud, alors grand artisan de la conquête de l'Algérie, contribue à cette installation de colons qui ne se limite pas aux Français mais attire aussi des Espagnols, des Italiens ou des Maltais. En 1847, on compte plus de 100 000 Européens (dont environ 50 000 Français) installés dans le pays, 15 000 vivent dans le monde rural.

A la fin des années 1860, l'Algérie est frappée par une crise économique, politique et sociale majeure (sécheresse entraînant des mauvaises récoltes, dépossessions foncières coloniales marquées par la pratique du cantonnement...) qui accroît les contestations anticoloniales. Après la défaite de Sedan en 1870, le rêve de Napoléon III d'un « Royaume arabe » prend fin, une assimilation forcée est instituée par la IIIe République.

Il n'en demeure pas moins que la pratique de la dépossession foncière ne change pas, et va même s'aggraver. Une révolte éclate dans le Constantinois et dans toute la Kabylie menée par le bachaga Mokrani en 1871, la répression des autorités coloniales est féroce, le soulèvement devient un argument pour justifier les dépossessions agricoles. Près de 450 000 hectares de terres sont confisquées, en plus des 480 000 hectares déjà « légalement volés » depuis 1830. « Pour la population insurgée, le coût de la guerre se montait à près de 65 millions de francs-or, soit 70 % du capital des indigènes touchés, certaines tribus durent mettre jusqu'à vingt ans pour s'acquitter de leur dette. Pour la plupart, ce fut la ruine. » [2]

Un phénomène aux graves conséquences

La loi Warnier du 26 juillet 1873 facilite cette dynamique coloniale en incitant les Algériens à vendre leur parcelle pour faire face aux impôts (arabes et coloniaux) ou à l'endettement, une fois la propriété rachetée par un Européen, celle-ci est obligatoirement divisée en plusieurs parcelles revendables. [1] La loi ré-institue une dynamique plus libre et privée. Moins coûteuse pour l’État, ce dernier n'hésite pas à s'appuyer sur la justice pour faciliter les expropriations. Au début de la décennie 1930, deux millions d'hectares sont entre les mains des Européens. En 100 ans, les « indigènes » ont quasiment perdu la moitié de leurs propriétés agricoles.

Ce phénomène contribue à l'appauvrissement généralisé des populations musulmanes qui vivaient pour l'essentiel d'une agriculture vivrière avant la colonisation, les famines se multiplient durant toute la fin du XIXe siècle (c'est une des causes du soulèvement porté par le bachaga Mokrani), les fellahs encore propriétaires détiennent des parcelles à la fois petites et pauvres, tout en étant écrasées par l'économie capitaliste, l'exode rural devient important accentuant le développement des bidonvilles dans les grandes villes algériennes (Alger, Constantine, Oran...).

 L'agriculture coloniale est ainsi constituée de vastes propriétés, le blé et la vigne sont essentiellement exportées vers une métropole devenue indispensable après la crise des années 30. Le vin est la production la plus rentable des agriculteurs pieds-noirs. Près de 3000 familles de colons agricoles concentrent plus de 80% des terres colonisées à la veille de la guerre d'indépendance. [1] Le colonat algérien constitua durant les 130 ans de présence français en Algérie, un acteur incontournable de la vie politique exerçant une pression constante sur Paris afin de préserver ses intérêts au détriment des droits des Algériens. Il s'opposa par exemple au projet Blum-Violette (1936) visant à accorder la citoyenneté française à une élite de 25 000 Algériens.

[1] Bernard Droz, Main basse sur les terres, in L'Histoire, juin 2012
[2] Charles-Robert Ageron, Histoire de l'Algérie contemporaine, Paris, PUF, 1999 (édition corrigée et réactualisée).

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Mehdi Benchabane, professeur d’histoire-géographie, est notamment l’auteur de L’Émir Abdelkader face à la conquête française de l’Algérie (1832-1847), Edilivre, 2014. Il anime la page Facebook Histoire du Maghreb contemporain

Source:  http://www.saphirnews.com/L-agriculture-en-Algerie-francaise-une-illustration-concrete-du-processus-colonial-au-Maghreb_a20918.html

mardi 7 juillet 2015

La revue Natures Sciences Sociétés a publié un numéro spécial COP 21

La revue scientifique interdisciplinaire Natures Sciences Sociétés a mis en téléchargement libre un numéro consacré aux enjeux de la conférence de Paris qui réunira les négociateurs internationaux autour de la réduction des émissions de CO2 en décembre. "L'idée centrale qui structure ce numéro est que la réussite de cette conférence ne tiendra pas seulement à la bonne ou mauvaise volonté des 195 Etats présents, mais aussi à la capacité de changer en profondeur les façons dont à la fois les scientifiques et les responsables politiques ont historiquement « cadré » (et parfois enfermé) la problématique climatique", annonce le communiqué de la revue.

Divisé en 17 chapitres, ce numéro spécial aborde les politiques climatiques au regard d'un large panel de thématiques telles que les outils financiers, le charbon, les politiques d'adaptation et d'atténuation, ou encore la consommation et les modes de vie.

Le comité éditorial de ce hors-série est constitué de membres de l'Institut de recherche pour le développement (IRD), du Centre national de la recherche scientifique (CNRS), de l'Institut national de recherche agronomique (Inra), de l'Ecole des hautes Etudes en sciences sociales et de l'Institut du développement durable et des relations internationales (Iddri).


Source: http://www.actu-environnement.com/ae/news/revue-natures-sciences-societes-cop21-24913.php4


L'abondance des espèces communes , et non pas la richesse en espèces , entraîne la livraison d'un service de l'écosystème dans le monde réel

  1. Rachael Winfree1,*,
  2. Jeremy W. Fox2,
  3. Neal M. Williams3,
  4. James R. Reilly1 and
  5. Daniel P. Cariveau1
Article first published online: 11 MAY 2015
DOI: 10.1111/ele.12424
Ecology Letters

Ecology Letters

Volume 18, Issue 7, pages 626–635, July 2015