mardi 9 juin 2015

Le CIRAD recommande à l’Afrique de parier sur « l’agriculture intelligente »

lundi, 08 juin 2015


(Agence Ecofin) - L’Afrique devrait miser sur une agriculture intelligente plutôt que de parier sur une révolution verte. C’est l’opinion émise par Patrick Caron (photo), directeur général délégué à la recherche et à la stratégie au Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement (Cirad). Dans un entretien accordé au magazine français Le Point, l’expert a déclaré : «il n’y a pas besoin de révolution verte en Afrique. La révolution verte a été imaginée au XXe siècle dans un contexte d’énergie à bas coût, de plein emploi et à une époque où l’on pensait que les intrants étaient illimités, notamment le phosphore. Le contexte n’est plus le même aujourd’hui. Et les solutions d’hier ne seront pas les solutions de demain.»

Et de poursuivre en expliquant qu’en Afrique, les efforts devraient être menées dans une perspective plus large : «nous avons besoin d’une révolution globale, totale des formes de production agricole, qui puisse permettre d’aller vers une smart agriculture, une agriculture qui contribue au développement durable et qui permette de penser des systèmes alimentaires et des territoires durables dans le futur».

Pour atteindre cet objectif, des outils comme des systèmes d’alerte précoce, des données régionales et nationales sur le climat se révèleront d’une importance stratégique. De même, l’agriculture familiale, l’agro-écologie ou encore la recherche agricole locale auront leur partition à jouer. La nécessité d’une transition vers cette agriculture intelligente s’impose encore plus au continent en raison d’un contexte marqué par le réchauffement climatique. En effet, même en dessous de la barre des 2°C, l’Afrique devra injecter annuellement 50 milliards de dollars pour s’adapter à l’horizon 2050. Et cette facture pourrait doubler si la hausse était de 4°C. Selon les experts, le réchauffement climatique entraînera une baisse des rendements agricoles avec les conséquences les plus sévères pour les pays sahéliens.

Aaron Akinocho


vendredi 5 juin 2015

Transformer les déchets organiques en protéines à l'aide de larves de mouche


Des chercheurs de l'Université technique (TU) de Dresde (Saxe-  Allemagne) se sont intéressés à une technique originale de conversion de la biomasse : élever industriellement des larves de mouches tropicales pour décomposer la biomasse végétale.

Les mouches de la famille des Stratiomyidae se nourrissent de déchets organiques et produisent des larves riches en protéines. En plaçant ces "nuisibles" dans un bioréacteur, les ingénieurs de la TU de Dresde parviennent à décomposer 300 tonnes de déchets végétaux en 120 tonnes de biomasse riche en lipides et protéines. L'intérêt du procédé réside en particulier dans la faible place nécessaire à la conversion : un container maintenu à 28/29 °C est suffisant. La chaleur pourrait provenir d'un moteur de cogénération, fonctionnant au biogaz idéalement, pour utiliser au mieux les synergies (même matière première entrante). Le gisement de déchets végétaux utilisables est estimé entre 15 et 20 millions de tonnes pour l'Allemagne.

De nombreux champs d'application s'ouvrent à cette nouvelle ressource, le principal étant l'alimentation animale : les qualités nutritionnelles des larves seraient égales à celle de la farine de poisson. Mais d'autres secteurs, comme la pharmacie, les cosmétiques ou encore l'énergie, pourraient être intéressés.

Le concept est actuellement en phase de test et une installation pilote complète (méthaniseur + bioréacteur de larves) verra le jour mi-2016, en coopération avec les entreprises Bio.S Biogas GmbH, Fischer Elektronik-Bau GmbH et Kaden & Döring OHG. Le projet a, par ailleurs, reçu le soutien du Programme central d'innovation pour les PME et ETI (ZIM) du Ministère fédéral de l'économie allemand (BMWi). 


Pour plus d'information:  Site du programme central d'innovation pour les PME et ETI (en anglais et allemand) : http://www.zim-bmwi.de/zim-overview

Source:  "Fliegenlarven veredeln Abfalle zu Tierfutter", Article de la plateforme internet Biooekonomie, 28/05/2015 - http://redirectix.bulletins-electroniques.com/07Xoh

  Rédacteurs: Sean Vavasseur, sean.vavasseur@diplomatie.gouv.fr - http://www.science-allemagne.fr

Origine: BE Allemagne numéro 704 (4/06/2015) - Ambassade de France en Allemagne / ADIT - http://www.bulletins-electroniques.com/actualites/78615.htm